
Derrière la rangée de maisons : l'ancienne gare

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À gauche derrière le bâtiment aux bandes rouges horizontales (formées par des briques rouges) situé juste avant la Maison de Bouillon, de l'autre côté de la Semois (c'est-à-dire le bâtiment Hobé, voir n° 14), vous pouvez voir un toit avec deux cheminées rouges. Il s'agit de l'ancienne gare, construite en 1890.
Cette année-là, Bouillon était pour la première fois accessible par chemin de fer (tram vicinal) via la ligne Paliseul-Bouillon. Le trajet de 16 km durait trois quarts d'heure et permettait de relier facilement la région de Bouillon au reste du monde. Le bâtiment de la gare, alors tout neuf, fut également mis en service.
Au départ, cette gare était le dépôt et le terminus de la ligne Bouillon-Paliseul. Cette ligne était alors encore isolée, car ce n'est qu'en 1903 qu'elle fut reliée à un réseau plus vaste, lorsque la ligne Poix (Saint-Hubert)-Paliseul fut mise en service.
Au début des années 1900, le trafic ferroviaire à Bouillon s'accéléra encore avec la mise en service d'une ligne supplémentaire via Corbion vers Pussemange, et à partir de 1910, il fut également possible de rejoindre la ville française de Sedan avec le « Bouillonais ». L'importance de cet événement à l'époque se reflète dans les grandes fêtes organisées pour l'inauguration : à Sedan le dimanche 17 juillet 1910, à Corbion le dimanche 7 août 1910 et à Bouillon le dimanche 11 septembre 1910.
Le tourisme, l'économie et la vie sociale ont tous bénéficié de ce moyen de transport pratique et important. À la fin des années 1950, cependant, la concurrence des autobus et de la voiture a mis fin au trafic tramway, le dernier tramway clôturant une période d'environ 70 ans.
Les services de transport de passagers ont cessé le 16 juillet 1955. Jusqu'en 1957, un service quotidien aller-retour a toutefois été maintenu entre Bouillon et Corbion. Le transport de marchandises a cessé le 1er juin 1960.
